Organiser une dégustation verticale : mode d'emploi pour explorer un vin sur plusieurs millésimes

Organiser une dégustation verticale : mode d’emploi pour explorer un vin sur plusieurs millésimes

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Entrons dans le monde fascinant de la dégustation verticale, une pratique très appréciée des amateurs de vin qui permet d’explorer un cru spécifique sur plusieurs millésimes. Préparation, critères d’évaluation, notation, erreurs à éviter… Nous vous livrons tous les secrets pour organiser votre propre dégustation. Des témoignages de grands œnologues viendront enrichir ce voyage savoureux à travers le temps et les saveurs.

Comprendre la dégustation verticale : plongée dans l’univers du vin

Comprendre la dégustation verticale : plongée dans l'univers du vin

C’est quoi une dégustation verticale ?

La dégustation verticale est une pratique qui consiste à goûter différents millésimes d’un même vin. Il s’agit donc d’une exploration temporelle qui offre une vision évolutive du produit, mettant en lumière ses variations au fil des années.

L’idée n’est pas seulement de juger la qualité des vins, mais aussi de comprendre l’influence du climat et les techniques viticoles utilisées chaque année.

Cette démarche nécessite cependant une certaine préparation et a ses propres règles, que nous allons voir ensemble.

Pourquoi procéder à une telle dégustation ?

Déguster verticalement permet avant tout d’apprécier l’évolution d’un vin au fil du temps. C’est un moyen unique d’observer l’influence des conditions climatiques annuelles sur le résultat final.

Les professionnels s’en servent également pour évaluer le potentiel de garde d’un vin. La dégustation verticale offre une perspective unique sur la manière dont un vin vieillit et se développe, information essentielle pour les œnologues et les collectionneurs.

Enfin, c’est une expérience sensorielle enrichissante pour tout amateur de vin qui souhaite approfondir ses connaissances et affiner ses goûts.

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Les grands moments dans l’histoire de la dégustation verticale

Au long de l’histoire du vin, plusieurs dégustations verticales ont marqué les esprits. L’une des plus célèbres est sans doute celle organisée par Robert Parker en 2005, qui a permis de redécouvrir le millésime 1982 du Château Pétrus.

Ces événements contribuent à créer des liens entre amateurs de vin et professionnels, tout en mettant en valeur le travail des producteurs à travers les années.

Ce sont aussi des occasions précieuses d’échanger sur les tendances œnologiques actuelles et futures. Rien ne vaut la richesse d’un telle expérience gustative pour discuter des qualités d’un grand cru ou au contraire, souligner ses faiblesses.

Après cette plongée dans l’univers passionnant de la dégustation verticale, il est temps maintenant de voir comment préparer votre propre événement.

Préparation de votre dégustation verticale : choix des millésimes et organisation

Préparation de votre dégustation verticale : choix des millésimes et organisation

Sélection des millésimes : comment faire le bon choix ?

Le choix des millésimes à déguster est l’une des premières étapes lors de la préparation d’une dégustation verticale. Il ne faut pas se laisser guider uniquement par la renommée d’un millésime, mais également tenir compte de sa disponibilité et de son coût.

L’idéal serait d’avoir une série continue de millésimes, mais cela peut s’avérer très onéreux. Une alternative pourrait être de choisir des millésimes représentatifs pour illustrer les variations entre les années.

Il est aussi important de prendre en considération le vieillissement du vin. Tous les vins ne sont pas destinés à être gardés longtemps, certains atteignent leur apogée plus tôt que d’autres.

Organisation pratique : la clé du succès

Afin que votre dégustation se déroule dans les meilleures conditions, une organisation minutieuse s’impose. Le lieu doit être calme et suffisamment éclairé pour apprécier la couleur des vins. Prévoyez suffisamment de verres pour chaque participant (un par vin à déguster).

Réfléchissez également au nombre de participants. Un petit groupe facilite les échanges et permet à chacun d’avoir assez de vin pour apprécier pleinement chaque millésime.

Enfin, n’oubliez pas de prévoir un crachoir par personne ainsi que du pain neutre pour nettoyer le palais entre chaque vin.

Ordre de dégustation : du plus jeune au plus âgé

En dégustation verticale, l’ordre des vins est crucial. Traditionnellement, on commence par le millésime le plus récent pour finir par le plus ancien.

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Cet ordre permet d’apprécier l’évolution du vin dans le temps et de ne pas fatiguer le palais avec un vin trop évolué dès le début.

Il est aussi recommandé de servir les vins à une température appropriée pour chaque millésime. Un vin trop froid ou trop chaud peut altérer sa saveur.

Maintenant que vous êtes prêt à organiser votre dégustation, penchons-nous sur les critères d’évaluation.

Les critères d’évaluation durant une dégustation verticale : regarder, sentir, goûter

Les critères d'évaluation durant une dégustation verticale : regarder, sentir, goûter

L’aspect visuel : la première impression

L’évaluation d’un vin commence par l’observation. La couleur donne des indices sur l’âge et l’évolution du vin. Un rouge qui tourne vers des reflets bruns montre qu’il a déjà bien vieilli, tandis qu’un blanc doré sera probablement riche et complexe.

La limpidité est aussi un indicateur important. Un vin trouble pourrait signifier un problème lors de la production ou de la conservation.

Enfin, n’oubliez pas de regarder les « larmes » ou « jambes » qui se forment sur les parois du verre après avoir agité le vin : elles peuvent révéler la teneur en alcool et en sucre.

L’olfaction : le nez du vin

Après l’observation, place à l’olfaction. Le premier nez permet de découvrir les arômes primaires du vin, ceux qui proviennent du cépage et du terroir. Après aération, le second nez révèle des arômes plus complexes, issus de la fermentation et du vieillissement.

L’intensité et la qualité des arômes sont deux critères essentiels à évaluer. L’harmonie entre les différents arômes est aussi un signe de qualité.

Pour finir, n’hésitez pas à faire appel à votre mémoire olfactive pour identifier les arômes. Il n’y a pas de réponse juste ou fausse : chaque personne peut percevoir les arômes différemment en fonction de son expérience sensorielle personnelle.

La dégustation : cap sur les saveurs

Vient ensuite la phase de dégustation proprement dite. Le goût d’un vin se juge sur plusieurs paramètres : l’équilibre entre l’acidité, l’alcool et les tanins ; la complexité des saveurs ; la persistance aromatique (la longueur en bouche).

L’idée est de bien mastiquer le vin pour libérer tous ses arômes. Un bon moyen d’évaluer sa texture est de prendre une petite gorgée et de siffler doucement dans le verre pour créer un mouvement d’aération.

N’oubliez pas que chacun a son propre palais : ce qui compte est moins la conformité à un idéal que la compréhension de ce qui fait la spécificité d’un vin et son évolution au fil du temps.

Après avoir goûté et évalué les vins, voyons comment les noter.

La notation durant la dégustation : comment attribuer des points ?

Le système de notation : un outil utile mais subjectif

La notation des vins est une pratique très répandue, mais elle ne fait pas l’unanimité. Certains dégustateurs trouvent que cette approche réduit le vin à une simple note chiffrée, alors qu’il s’agit d’un produit complexe qui mérite une description plus nuancée.

Cependant, le système de notation peut être un outil utile pour aider à comparer les vins et communiquer ses impressions de façon concise. Il est généralement basé sur une échelle de 20 ou de 100 points et prend en compte différents critères tels que l’apparence, l’arôme et le goût.

Mais il faut toujours garder à l’esprit que la dégustation reste une expérience subjective : chaque personne a ses propres préférences et peut donc attribuer des notes différentes au même vin.

Les critères pris en compte lors de la notation

Lors d’une dégustation verticale, plusieurs aspects sont jugés : l’apparence (couleur, limpidité), les arômes (intensité, qualité), le goût (équilibre, complexité, longueur) ainsi que l’évolution du vin dans le temps.

Chaque critère est noté séparément, puis les notes sont additionnées pour obtenir une note finale. Certains dégustateurs ajoutent également un critère « coup de cœur » pour récompenser les vins qui les ont particulièrement touchés émotionnellement.

Quel que soit le système de notation utilisé, l’essentiel est de rester cohérent dans ses évaluations et de justifier ses notes par des commentaires détaillés. Un carnet de dégustation peut être un précieux allié pour garder trace de vos impressions.

Les erreurs à éviter lors de la notation

L’une des erreurs fréquentes lors d’une dégustation verticale est de trop se fier aux notes attribuées par les critiques professionnels ou aux années réputées excellentes. Il est d’usage d’évaluer chaque vin en fonction de ses propres mérites et non en fonction de sa réputation.

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Aussi, il est préférable d’éviter de comparer directement deux millésimes différents : chaque année a son caractère propre et l’environnement climatique influence grandement le résultat. Il serait donc injuste de pénaliser un millésime simplement parce qu’il a été produit dans une année moins favorable.

Enfin, n’oubliez pas que la dégustation verticale reste avant tout une expérience sensorielle et conviviale : ne vous laissez pas submerger par la technique au point d’en oublier le plaisir de la dégustation.

Maintenant que vous savez comment noter les vins, voyons quelques erreurs à éviter lors d’une dégustation verticale.

Les erreurs à éviter lors d’une dégustation verticale

Ne pas prendre en compte le contexte du millésime

Lors d’une dégustation verticale, il est essentiel de se documenter sur le contexte de chaque millésime : conditions climatiques, méthodes de vinification utilisées… Ces informations vous aideront à comprendre les différences entre les vins et à apprécier leurs qualités propres.

Il serait par exemple injuste de pénaliser un vin simplement parce qu’il a été produit dans une année jugée difficile. Chaque millésime a ses particularités et peut révéler des surprises.

Aussi, n’oubliez pas que certaines caractéristiques considérées comme défauts dans un contexte peuvent être des qualités dans un autre. Un vin très tannique peut par exemple être désagréable à boire jeune, mais se complexifier avec le temps pour révéler une belle structure.

Sous-estimer l’importance de la température de service

C’est bien connu : la température à laquelle on sert un vin peut influencer grandement sa dégustation. Un même vin peut ainsi révéler des arômes différents selon qu’on le sert frais ou chambré.

Pour une dégustation verticale, il faut veiller à ce que tous les vins soient servis à la bonne température. Un vin trop chaud peut paraître lourd et alcooleux, tandis qu’un vin trop froid risque de voir ses arômes masqués.

En règle générale, les vins rouges se dégustent autour de 15-18°C et les blancs autour de 10-12°C. Pour les vins anciens, il est conseillé de les servir un peu plus frais pour compenser leur potentiel d’oxydation.

Rester figé dans ses préjugés

Une erreur fréquente lors d’une dégustation verticale est de rester figé sur ses préconceptions. Chaque millésime a son caractère propre et mérite d’être évalué en fonction de ses propres mérites.

Il ne faut pas non plus se laisser influencer par le prestige d’un domaine ou la réputation d’une année. Même si ces facteurs peuvent jouer un rôle dans la qualité d’un vin, ils ne doivent pas occulter une évaluation objective des qualités intrinsèques du produit.

Enfin, n’oubliez pas que la dégustation restera toujours une expérience subjective : soyez ouvert à la découverte et faites confiance à vos sens !

Après avoir exploré les erreurs à éviter, terminons notre périple avec quelques anecdotes croustillantes partagées par des œnologues experts.

Retour sur expérience : anecdotes et témoignages de grands œnologues

Anecdotes marquantes durant des dégustations verticales

Dans le monde du vin, chaque dégustation est une aventure et la dégustation verticale ne fait pas exception. De nombreux œnologues ont partagé des anecdotes croustillantes sur de telles dégustations.

Par exemple, lors d’une dégustation verticale du Château Latour organisée à Londres, un millésime jugé médiocre lors de sa sortie s’est révélé être le chouchou des participants, surpassant ses homologues plus prestigieux. Une belle illustration de l’importance de garder l’esprit ouvert et de ne pas se fier aux présupposés.

Autre anecdote : lors d’une dégustation verticale du domaine Romanée-Conti, un participant a remarqué que tous les vins présentaient une note florale similaire. Après enquête, il s’est avéré que cette note était due à une variété spécifique de rose plantée dans le vignoble depuis des décennies. Une belle preuve de l’impact du terroir sur le vin !

Témoignages inspirants d’œnologues experts

Nombreux sont les œnologues qui affirment que la dégustation verticale est l’une des expériences les plus enrichissantes pour comprendre un vin. Ils soulignent notamment l’importance de cette pratique pour évaluer le potentiel de garde d’un vin et apprécier pleinement son évolution.

Certains mettent en avant la dimension conviviale de ces événements, qui favorisent les échanges entre amateurs et professionnels. D’autres insistent sur l’aspect pédagogique, qui permet de mieux comprendre le travail des vignerons et les effets du climat sur le vin.

Enfin, nombreux sont ceux qui voient dans la dégustation verticale une manière d’honorer le temps et le travail nécessaire pour produire un grand vin. Une perspective inspirante pour tous les amateurs de vin.

Conseils d’œnologues pour réussir sa dégustation

Face à l’enjeu que représente la préparation d’une dégustation verticale, plusieurs œnologues ont partagé leurs conseils pour en tirer le meilleur parti.

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